Histoire de la Faïence de Creil, fleuron de la Ville




 

La première Manufacture de faïences fines de Creil fut créée, le 26 mai 1797, par O'Reilly afin de répondre à la demande grandissante d'un produit dont l'Angleterre s'était fait une spécialité depuis le milieu du XVIIIème siècle. Elle symbolise la première phase d'industrialisation du bassin creillois. Cette fondation ne fut qu'éphémère, une autre société en commandite fut formée en 1799 et ce n'est qu'en 1801 qu'une société durable est constituée, notamment par les frères Saint-Cricq. L'implantation d'une Manufacture de faïences sur le site de Creil présentait plusieurs atouts : l'ancien parc du château royal racheté comme bien national, la proximité de forêts riches en combustible ainsi qu'une rivière navigable. Première industrie importante du bassin, la faïencerie employa jusqu'à 900 salariés vers 1840. Elle s'appuya et perdura notamment grâce au savoir-faire d'ouvriers-artistes, souvent étrangers. Les noms les plus connus sont ceux de O'Reilly, Bagnall, Stone, plus tard Hamlet,Whitehouse, Griffith père et fils. Comme dans nombre de ces premières industries, les propriétaires et directeurs successifs de l'entreprise menèrent une politique sociale propre à l'entreprise, instaurant un système de soins à la Manufacture, développant l'apprentissage, puis, après la loi de 1841, l'instruction générale des enfants, construisant, enfin, en 1866, une cité ouvrière, la Cité Saint-Médard. 

En 1840, meurt Charles Saint-Cricq Casaux, qui contribua fortement à la prospérité de Creil, en tant que propriétaire de la Manufacture, mais aussi en tant que Maire. Il acquit également la faïencerie de Montereau, pourtant plus ancienne. C'est une nouvelle phase dans l'histoire de la manufacture creilloise : les propriétaires de Montereau, Lebeuf et Milliet, qui rachètent l'usine creilloise, la font entrer résolument dans l'ère industrielle. Sont alors utilisés la houille, le gaz, la machine à vapeur. Le type de faïence fabriquée évolue également, de la production artistique à la production de masse. Durant près d'un siècle, la Manufacture a su innover et s'adapter à de nouvelles techniques, proposer une étonnante diversité de formes et de motifs. Les faïences creilloises ont remporté plusieurs médailles lors d'expositions nationales et ont été exportées jusqu'au Japon. La Manufacture ferme ses portes en 1895, les activités étant alors transférées à Montereau pour réduire les frais de fabrication. De cette histoire, il reste aujourd'hui quelques traces archivistiques ou archéologiques, mais surtout des faïences, conservées chez des particuliers ou des musées, notamment la maison Gallé-Juillet qui présente quelques-unes des plus belles pièces.